Spartan Race : la révélation de Salim Ejnaïni

Spartan Race : la révélation de Salim Ejnaïni

Salim n’a que 16 ans lorsqu’il perd la vue suite à une maladie rétinienne. Mais loin de le décourager, cette nouvelle vie lui a permis de se sentir plus libre. C’est grâce à l’équitation, qu’il pratique depuis l’enfance, qu’il a pris goût à l’effort sportif : « Ça m’a aidé à prendre confiance en moi, à maîtriser mes sensations et à me fier à 100% à mes autres sens ». Adepte des sensations fortes et du dépassement de soi, Salim aime tout tester et sa cécité ne le freine absolument pas : « Dès qu’il y a un défi à relever, je fonce ! ».

« Et si je faisais une Spartan Race ? »

Cet état d’esprit et surtout sa rencontre avec Sylvie Freys et Carine Pedrazzi, deux « Spartan addict » fondatrices du projet Roses Racers, l’ont amené à s’inscrire à sa première Spartan Race. C’est donc le 6 mai 2017, sur la SPRINT de Carcassonne qu’il a franchi la ligne de départ accompagné de Julien de la Team OCR « Les Bisons », qui lui a servi de guide pendant toute la course. « J’ai suivi les conseils de Timothée Adolphe, un athlète paralympique spécialiste du 400m, aveugle lui aussi et qui s’y connaît en techniques de guidage » explique Salim Ejnaini. « Avec Julien nous avons pu nous déplacer en binôme grâce à une corde en chanvre sur laquelle j’avais fait deux nœuds coulants – c’est grâce à cette corde que l’on a pu caler nos mouvements et nos foulées. »

« On n’a pas battu de record de vitesse… mais on n’a pas non plus fini derniers ! »

Grâce à une bonne cohésion avec Julien, qui lui décrivait le parcours et les obstacles en temps réel, Salim a pu venir à bout de sa première Spartan Race « sans bénéficier de traitement de faveur ». S’il a réussi à franchir beaucoup d’obstacles, ceux où il fallait se déplacer à la force des bras (comme le Monkey bars) étaient très difficiles : « Ne pouvant pas voir et donc anticiper les prises, je devais tenir sur un seul bras avant de pouvoir saisir la prise suivante, je tombais au bout de quelques enchaînements ! ».

Mais le tout, c’était d’essayer. C’est comme ça qu’il a réussi à passer des obstacles sur lesquels il n’aurait pas parié : la tyrolienne par exemple, qu’il a franchi sous le regard agréablement surpris de Julien. « Pour moi faire une Spartan Race en étant aveugle ce n’est pas impossible : tout est question de réflexion, il faut trouver des ruses, des techniques pour franchir les obstacles » précise Salim.

Un sens en moins, des sensations en plus

« Intense » : c’est le premier mot qui vient à l’esprit de Salim Ejnaïni lorsqu’on lui parle de son expérience Spartan. L’ambiance, la cohésion et la fraternité entre les concurrents qu’il a ressenti pendant la course l’ont beaucoup marqué, les sensations physiques aussi : « c’était très éprouvant physiquement, j’ai mis quasiment 1 mois à m’en remettre mais j’ai pris énormément de plaisir. » Se retrouver dans l’eau tout habillé, devoir ramper dans la boue, c’était des sensations inédites. Surtout le dernier obstacle : « Je courrais et tout à coup j’ai senti une vague de chaleur – j’ai demandé à Julien pourquoi il faisait soudainement si chaud, il m’a répondu que c’était le fire jump. Je n’ai pas cherché à comprendre : j’ai sauté ! »

Malgré les burpees et la difficulté, la première chose à laquelle Salim a pensé en franchissant la ligne d’arrivée, c’était sa prochaine course. « Je me prépare activement pour le circuit Paul Ricard. J’ai appris que Michael Jeremiasz allait également y être, je suis ravi de le voir et j’ai hâte de pouvoir relever ce nouveau challenge avec la Team Les Bizons ! » AROO !